 Photo : Marc Loiselle
La Gaspésie est une péninsule de forme elliptique qui s'avance dans le golfe Saint-Laurent sur une distance de 260km à l'extrémité sud-est du Québec. Ses positions sont : 64°22 et 67°42 de longitude ouest, 47°49 et 49°15 de latitude nord.
Sa physionomie est très variée. Le long de l'estuaire, de Sainte-Flavie au cap Gaspé, la côte décrit une immense courbe. Dans sa deuxième partie (à partir du mont Saint-Pierre), le rebord du plateau gaspésien tombe abruptement dans la mer. Perpendiculaire aux axes de plissements montagneux, la côte du golfe est très découpée.
C'est dans le parc national du Canada Forillon qu'on peut apercevoir les couches de sédiments basculées par la force des mouvements taconiques. La déformation est tout aussi remarquable à Percé, où les calcaires ont été soulevés à la verticale, tel le Rocher Percé. Au sud de la péninsule, une étroite plaine côtière, composée de grès rouge, longe les sinuosités de la baie des Chaleurs. L'arrière-pays est quant à lui une succession de monts arrondis par l'érosion.
Photo : Sébastien Cloutier
Les roches qui composent la Gaspésie sont d'origine précambrienne, les plus anciennes qui soient. Elles constituent aussi le bouclier canadien, des Prairies canadiennes jusqu'au Labrador. Durant toute la période du Cambrien (600 millions d'années), la Gaspésie fit partie d'un vaste chenal, le géosynclinal appalachien. Tandis que durant l'Ordovicien (500 millions d'années), la future Gaspésie continuait de se former par accumulation de sédiments au fond de la mer.
La croûte terrestre au fond de ce bassin subit une série de soulèvements et d'affaissements et vers la fin de cette période, une série de plissements intenses souleva la région en une chaîne de montagnes très hautes et émergea ainsi les roches qui forment une bonne partie du côté nord de la péninsule. Cette grande orogenèse (taconique) appelée aussi Faille du Saint-Laurent produisit un anticlinal (en forme de n) dans la partie nord de la Gaspésie et un autre plus au sud dans la région ouest du Nouveau-Brunswick actuel. Entre ces deux crêtes demeura un chenal plus petit; le géosynclinal de Gaspé (en forme de u).
Photo : Jean-Pierre Huard
Pendant des dizaines de millions d'années, au Silurien et durant une bonne partie du Dévonien (400 millions d'années), les nouveaux sommets fournirent des débris d'érosion à ce bassin, le remplissant graduellement. Ce dernier se souleva vers la fin du Dévonien inférieur (395 millions d'années).
Au Dévonien moyen (375 millions d'années), l'orogenèse acadienne déforma et souleva le géosynclinal de Gaspé. Ainsi naquit la deuxième partie de la Gaspésie, située entre les montagnes du côté nord et la baie des Chaleurs.
Accompagnée de volcanisme, cette orogenèse souleva davantage le massif central (Chic-Chocs) et les sédiments emprisonnèrent les cadavres et les traces de certains êtres marins primitifs (coraux, brachiopodes, vers, trilobites et poissons).
Photo : Jean-Pierre Huard Au Carbonifère (345 millions d'années), la Gaspésie demeura entièrement émergée. À la fin du Permien (230 millions d'années), de nouvelles poussées orogéniques dressèrent une chaîne de montagnes continue sur l'est des États-Unis actuels: la grande chaîne des Appalaches.
Au Quaternaire (dernier million d'années), notre planète connut quatre glaciations importantes. La dernière qui a commencé il y a 70 000 ans et qui s'est terminée il y a 10 000 ans a laissé des traces évidentes de son passage. Dans leurs mouvements, les glaciers ont entraîné avec eux tout ce qui recouvrait la roche-mère. Ils ont raboté les paysages et creusé des vallées majeures. Ces glaciers se mirent à fondre, et toute cette eau transporta à son tour, tria et accumula des quantités gigantesques de matériaux. Des rivières se sont installées dans les vallées et la mer aujourd'hui remodèle sans cesse le paysage.
Avez-vous trouvé le visage de l'indien sur cette photo ? Tout près de la Pointe-Saint-Pierre (Saint-Georges-de-Malbaie), un rocher ayant la forme d'un profil d’indien relate cette légende : «Sur un grand voilier, des hommes blancs venus d’Europe enlevèrent une jeune indienne et l'amenèrent dans leur lointain pays. Depuis ce temps, dos à la mer, visage triste et regard rivé à la falaise, l'amoureux attend inlassablement le retour de sa bien-aimée.»
Référence : Parc national du Canada Forillon. Maxime St-Amour. 1988. Environnement Canada, Service canadien des parcs. |